ABSENCE

" Un amour malheureux est encore un bonheur "

L’année 1840,

 

Schuman compose les Dichterliebe sur des poèmes de Heinrich Heine extraits du Lyrisches Intermezzo.

Seize instantanés, qui vont plonger l’auditeur dans le tumulte sentimental d’un poète amoureux… 

À l’origine de ce cycle préexistent les sensibilités assez proches de Heine et Schumann, dans leur rapport extrêmement changeant et imprévisible à la vie, et leur manque de modération. 

Cependant Schumann vit son extraordinaire amour avec Clara, et jouit avec elle d’un confort et d’une grande reconnaissance de la société de leur époque, ce qui est moins le cas de Heine, homme en exil, et victime d’antisémitisme. 

Cela explique peut-être pourquoi le manque de confiance est central dans cette œuvre.

S’y développe constamment l’idée d’être trompé, dupé, même la notion du sacré recèle en elle-même la perte.

Il est d’ailleurs remarquable que l’année de son mariage, Schumann se soit tourné vers un poète de la fragilité humaine, de la « faille » comme notion emblématique du romantisme

 

La deuxième partie du programme reprend en miroir ces instantanés musicaux racontant un amour naissant qui finalement sombre dans le renoncement :

Adelaïde nous fait entrevoir un moment printanier et champêtre, mais déjà empreint de nostalgie, comme un écho à

« Im wunderschönen Monat Mai »  des Dichterliebe.

Schäfers Klagelied est une ode à une bien-aimée absente, l’attente se résolvant sur la mort salvatrice...Abendempfindung.

Der Tod und das Mädchen fait écho au postlude des Dichterliebe, comme un cri de déchirement précédant le renoncement.

Les interludes de Schumann et Liszt pour harpe seule sont à l'image de ces paysages que le poète traverse seul tout au long de son périple...ils sont de ces moments où la voix et les mots ne suffisent plus à exprimer ce que le coeur ressent... 

 

DÉTAILS

 

1ère Partie (30')

 

 

Robert Schumann (1810-1856) 

 

Dichterliebe op. 48 (1840) 30’ 

 

1. « Im wunderschönen Monat Mai » 

2. « Aus meinen Tränen sprießen » 

3. « Die Rose, die Lilie, die Taube, die Sonne » 

4. « Wenn ich in deine Augen seh » 

5. « Ich will meine Seele tauchen » 

6. « Im Rhein, im heiligen Strome » 

7. « Ich grolle nicht » 

8. « Und wüssten's die Blumen » 

9. « Das ist ein Flöten und Geigen » 

10. « Hör' ich das Liedchen klingen » 

11. « Ein Jüngling liebt ein Mädchen » 

12. « Am leuchtenden Sommermorgen » 

13. « Ich hab' im Traum geweinet » 

14. « Allnächtlich im Traume » 

15. « Aus alten Märchen winkt es » 

16. « Die alten, bösen Lieder » 

 

ENTRACTE

 

2ème partie (30’) 

Ludwig Van Beethoven, "Adelaïde" op.46 

Robert Schumann, "Vogel als Prophet" extrait des Waldszenen op.82 (harpe seule) 

Franz Schubert, "Schäfers Klagelied" D.121 

Wolfgang Amadeus Mozart, "Abendempfindung" K.523 

Franz Liszt, « Un sospiro » S. 144 numéro 3 (harpe seule)

Franz Schubert, "Der Tod und das Mädchen" D.531

DURÉE 1H20 avec entracte.